On dirait le Sud

Je vous ai vu cet après-midi d’Août. Vous étiez déjà assis, bien installé, quand je suis rentrée dans le wagon.

Je sais sans savoir que nous avons une différence d’âge notable. J’ai 17 ans, vous peut-être le double.

Vous êtes brun, les yeux noirs, des brasiers ardents, une barbe de trois jours quelque peu négligée. Vous êtes assez grand, d’allure sportive. J’ai deviné un corps entretenu et plutôt sculpté. Vos cheveux étaient en bataille, plutôt courts. Vous étiez habillé de façon très classique: costume noir et chemise blanche, mocassins. Vous ne teniez entre vos mains qu’un seul roman, dont je n’ai pu lire le titre.

Vous m’avez fascinée toute l’heure que j’ai pu passer, assise, en face de vous. A un moment vous êtes sorti de votre bouquin, m’avez regardée quatre secondes. Vous m’avez adressé un sourire, je vous l’ai rendu. Je suis une jeune fille châtain, pas très grande, plutôt menue, aux longs cheveux souples et châtains. Je portais ce jour-là une robe en soie rouge dos nu à hauteur du genou.

Je ne fais que penser à vous. Jour et nuit. Je regrette de ne vous avoir abordé. Votre visage me tourmente, je suis folle, je vais mourir, je meurs.

Si vous me/vous reconnaissez, s’il-vous-plaît relevez une dernière fois vos paupières et quittez les lignes de votre livre…

    Détails

  • TERdà Matabiau - Gare SNCF.
  • Une rencontre faite le 19 août 2012.
  • Rédigé par une fille pour un apollon.
  • Publié le mardi 21 août.

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